Végétarien, végétalien, vegan, flexitarien : quelles différences ?

Végétarien, végétalien, vegan, crudivoriste, frugivoriste : tous ont fait le choix de ne plus manger de viande et pourtant ces termes ne désignent pas tout à fait le même régime alimentaire. D’autres optent pour une alimentation plus souple et deviennent dans ce cas flexitariens. Vous ne savez pas quel qualificatif est le vôtre ? Découvrez ici les grandes différences entre tous ces profils. 🧐

Végétarien : celui qui ne mange jamais de chair animale

Devenir végétarien consiste à supprimer toute chair animale de ses repas. Exit donc viande rouge, poulet ou poisson et produits de la mer (mollusques, crustacés…).

Ainsi affirmer que l’on est « végétarien » alors que l’on continue à manger du poisson ou du poulet « de temps en temps » est incohérent. Se dire flexitarien est dans ce cas plus approprié, mais ça, nous y reviendrons par la suite.

Pas de viande ou de produits issus de la mer pour les végétariens donc, mais pas non plus de dérivés contenant de la chair animale. Le végétarisme exclut ainsi les fonds de viande, les fromages à présure animale ou encore tout ce qui contient de la gélatine comme certains bonbons.

Les raisons de devenir végétarien sont généralement de trois ordres :

  • parce que c’est bon pour la santé
  • parce qu’on refuse de participer, même indirectement, à l’exploitation et la souffrance animale
  • parce la consommation de viande a des conséquences particulièrement néfastes sur l’environnement

🤨 De la viande dans les bonbons ?
Eh oui, nombreux sont les bonbons qui contiennent de la gélatine animale. Celle-ci est fabriquée à partir du collagène issu de la peau, des os ou des tendons d’animaux (des porcs essentiellement).
Il existe pourtant de nombreuses alternatives végétales comme l’agar-agar, l’amidon ou la pectine.
Mais attention, les fabricants ne sont pas légalement obligés de préciser l’origine de cette gélatine sur l’emballage. Dans ce cas, assurez-vous que le terme « gélifiant » (et non « gélatine ») soit bien indiqué dans la liste des ingrédients. Celui-ci est en effet réservé aux texturants d’origine végétale.

Cette définition du végétarisme vous paraît claire ? Parfait ! Vous êtes prêt.e à découvrir les nuances qui existent entre les différents profils de végétariens. 👇

Lacto-ovo-végétarien

S’ils excluent la viande et ses dérivés de leur alimentation, la grande majorité des végétariens continuent tout de même à manger des produits laitiers (crème fraîche, yaourts, fromages à présure végétale, beurre, glaces…) et des œufs. Dans ce cas, on dit qu’ils sont lacto-ovo-végétariens.

Lacto-végétarien

Ce végétarien ne mange pas d’œufs ni les préparations qui pourraient en contenir (gâteaux, crêpes, quiches ou gratins cuisinés de manière traditionnelle…). En revanche, il consomme des produits contenant ou faits à base de lait.

Ovo-végétarien

Les ovo-végétariens ne consomment bien sûr ni viande, ni poisson, mais ils mangent des œufs et tout ce qui en peut contenir. Toutefois, ils excluent de leur alimentation les produits laitiers. Ils peuvent donc par exemple manger des crêpes mais uniquement si la pâte est faite avec du lait végétal.

👋 Végétarien et équilibre nutritionnel
Ceux qui choisissent de devenir lacto-ovo-végétarien ont très peur de risques de développer des carences, notamment en protéines. Mais attention, végétarien ou pas, il faudra éviter les excès pour garantir son équilibre nutritionnel.
Si vous voulez en savoir +, découvrez mes 5 astuces pour des repas végétariens équilibrés.

Végétalien : aucun produit d’origine animale au menu

Le végétalien exclut de son alimentation davantage de produits que le végétarien. Il ne consomme bien sûr ni viande ni poisson, mais il refuse également de manger tout produit d’origine animale.

Comprenez donc qu’un végétalien refusera les œufs, les produits laitiers mais aussi le miel ou le vin à cause d’agents de collage issus de produits animaux.

Mais certains végétaliens bannissent encore plus d’aliments, comme c’est le cas des crudivoristes et des frugivoristes.

💪 Végétalien et en pleine forme !
Il est tout à fait possible d’être en parfaite santé quand on est végétalien. D’ailleurs, de plus en plus de sportifs font également ce choix ! Néanmoins, le fait d’exclure toute protéine animale de son alimentation vous fait courir plus de risques de carences, notamment en vitamine B12. Il est dans ce cas essentiel de consommer régulièrement des protéines végétales (sous forme de légumineuses par exemple), de veiller à un apport suffisant en vitamines et minéraux et éventuellement de prendre une supplémentation en B12.

Crudivorisme

Les crudivoristes sont pour la plupart des crudi-végétaliens. Cette pratique alimentaire, également appelée « alimentation vivante » consiste à se nourrir essentiellement (voire uniquement) d’aliments crus. Il s’agit donc d’une alimentation très restrictive dont la motivation première est d’en tirer un bénéfice pour la santé.

La cuisson des aliments peut en effet altérer leur qualité nutritionnelle. Opter pour le crudivorisme apparaît ainsi comme la meilleure façon de consommer un maximum de vitamines et de minéraux, tout en se protégeant des substances nocives qui apparaissent parfois lorsque l’on fait cuire ou griller de la nourriture.

Les crudivoristes, s’ils suivent ce régime à la lettre, consomment donc exclusivement des fruits, des légumes, des graines germées, des oléagineux et des légumineuses crus ou du moins cuits à une température inférieure à 40° C.

🚨 Tous les crudivoristes ne sont pas végétaliens
Les produits d’origine animale ne sont pas strictement interdits dans le crudivorisme. Certains adeptes de ce régime alimentaire, même s’ils sont rares, peuvent donc consommer des œufs, de la viande ou du poisson crus.

Frugivorisme

Vous l’avez certainement compris, les frugivoristes eux mangent essentiellement des fruits et des légumes-fruits (tomates ou avocats par exemple). Ils consomment également des graines et des noix. Ils sont donc végétaliens.

Là aussi, les adeptes du frugivorisme espèrent de nombreux bienfaits pour leur santé. Difficilement tenable voire dangereux sur le long terme, ce régime peut toutefois s’intégrer dans le cadre d’une diète détoxifiante de quelques jours ou semaines.

Végan : le refus de l’exploitation et de la souffrance animale

Si le crudivorisme et le frugivorisme restent des pratiques relativement exceptionnelles, le véganisme, lui fait de plus en plus d’adeptes !

Les végans sont des végétaliens qui refusent toute forme d’exploitation et de souffrance animale. Bien plus qu’un régime alimentaire, il s’agit donc d’un choix éthique et d’un mode de vie à part entière.

Devenir végan, c’est donc refuser :

  • la consommation de produit d’origine animale ou ses dérivés (exactement comme les végétaliens)
  • l’élevage et l’abattage des animaux
  • l’achat de sous-produit animal, comme la laine, la fourrure, la soie, le cuir, etc.
  • les tests sur les animaux (en médecine ou en cosmétique par exemple)
  • les mauvais traitements infligés au animaux, comme c’est le cas avec la corrida
  • les loisirs utilisant les animaux (équitation) et nécessitant leur captivité (zoo, aquarium, cirque)
  • le commerce des animaux, les vegans appelant ainsi à préférer l’adoption. Certains vegans sont également opposés à la domestication des animaux de compagnie.

🔎 Zoom sur le carnisme et le spécisme
La sociologue et psychologue Mélanie Joy définit le carnisme comme une « idéologie dominante et silencieuse » qui justifie la consommation de viande en laissant croire que celle-ci constitue un acte « naturel et nécessaire ». Cette idéologie entraîne alors une forme d’incohérence chez nous : nous sommes ainsi conditionnés à manger de la chair animale alors même que nous nous émouvons devant des images d’abattoirs ou que nous condamnons toute forme de violence à l’égard des animaux domestiques. La fonction du carnisme est justement d’occulter la violence et d’étouffer cette dissonance cognitive.

Le spécisme est une idéologie qui justifie une discrimination entre les espèces. L’être humain serait supérieur aux autres et aurait ainsi le droit d’exploiter les animaux. Le spécisme implique également une hiérarchie entre les animaux, les animaux domestiques ayant dans ce cas plus de droits que les animaux d’élevage.

Les antispécistes condamnent cette discrimination, considérant que l’appartenance à une espèce ne peut justifier une différence de traitement. L’antispécisme s’accompagne généralement d’une forme de militantisme, contrairement au véganisme. Tous les végans ne sont donc pas forcément antispécistes.

Flexitarien : un peu de chair animale mais pas trop…

Il y a enfin les flexitariens, qui comme leur nom l’indique, excluent partiellement les produits carnés et de la mer de leur alimentation. Mais là aussi, les profils sont nombreux !

Semi-végétarien

On dira d’une personne qu’elle est semi-végétarienne lorsqu’elle souhaitera diminuer sa consommation de chair animale, mais qu’elle continuera à consommer de temps en temps poisson et viande. Généralement, ce régime alimentaire exclura d’abord la viande rouge. Il peut, dans certains cas, être un premier pas vers le végétarisme complet.

Pesco-végétarien

Les pesco-végétariens ne mangent plus de viande mais continuent à consommer du poisson et des produits de la mer, de manière occasionnelle ou plus régulière. J’ai pour ma part rencontré plusieurs personnes dans ce cas-là, dont une grande majorité avait été choquée par les conditions de vie et d’abattage des animaux d’élevage. Néanmoins, l’idée que les poissons pouvaient également souffrir ne semblait pas avoir fait encore son chemin dans leur esprit.

Pollo-végétarien

J’ai découvert ce terme dans le livre Être végétarien pour les Nuls et j’ignorais jusqu’à l’existence de ces profils flexitariens. Ainsi, le pollo-végétarien s’autorise la consommation d’un seul type de viande : le poulet.

Et selon les auteures de cet ouvrage (non sans une pointe d’ironie), ceux qui mangeraient uniquement du poisson et du poulet seraient donc des pesco-pollo-végétariens. Le terme « végétarien » a-t-il encore un sens dans ce cas ? Personnellement, je ne le pense pas…

Macrobiotique

On ne le sait pas forcément mais l’alimentation macrobiotique est une forme de semi-végétarisme, et plus précisément de pesco-végétarisme. Ses adeptes ne consomment en effet ni viande rouge, ni poulet mais s’autorisent le poisson.

Fondée par le Japonais Georges Ohsawa, la macrobiotique ne se limite pas au spectre alimentaire. Il est en effet une philosophie qui vise l’équilibre de l’énergie yin et yang dans l’assiette, comme dans l’organisme.

👉 Végétarien, végétalien, vegan ou flexitarien, toutes ces régimes alimentaires passent par l’exclusion partielle ou totale des produits carnés et de la mer. Les motivations peuvent elles aussi être variées et certaines de ces pratiques sont parfois jugées insuffisantes ou à l’inverse extrémistes.

Je pense notamment aux flexitariens, souvent critiqués pour leur apparente incohérence. Pour ma part (et pourtant je suis en chemin vers le végétalisme), je dirais que chaque petit pas peut être le début d’un profond changement. Cela mérite donc d’être soutenu et encouragé. Pour nous, notre planète et tous les animaux.

SOURCES
Être végétarien pour les Nuls, Suzanne Havala Hobbs et Alcyone Wemaëre,Éditions First, 2015

Introduction au carnisme. Pourquoi aimer les chiens, manger les cochons et se vêtir de vaches, Melanie Joy,  L’Âge d’homme, 2016.